Équation existentielle

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L’univers bouddhique s’actualise en l’humanité de diverses formes conjugables. Aussi, il convient de distinguer trois des variables des équations possibles. Tout d’abord une variable de droit (Nikaya), puis une de doctrine (vâda =>ex: theravāda) et enfin une variable de libération, ou plutôt une voie (yâna).

La variable de droit est la plus importante. Elle permet une première catégorisation en divisant la communauté moniale du bouddhisme en communautés régies selon un même code de discipline. Les sectes, ou plutôt dénominations, forment ainsi plusieurs juridictions et il est impossible d’être moine sans appartenir et s’appliquer à respecter le code de discipline propre à une dénomination donnée.

La variable de doctrine se base sur une dénomination en fonction de la compréhension des enseignements du Bouddha. Des méthodes intellectuelles utilisées se forment des écoles de doctrine. Leur légitimation de l’expérience bouddhique s’est traduite au fil du temps par la rédaction de différents traités, ce qui constitua différents fondements pour différents cercles de discussions dépassant les juridictions.

La variable de libération est une voie pour avancer. Sous le terme de véhicule, cette variable est une manière d’être et d’agir en fonction de l’atteinte de l’éveil. Ces véhicules renvoient donc aux motivations sous-jacentes aux actions et à l’engagement d’une personne face à une communauté ou à une école.

Il y a, parmi ces voies, deux concurrentes principales pour la réalisation de l’idéal bouddhique. La première est la voie de l’arhat, voie de celui qui a mérité (arh = mériter) de faire l’expérience de l’éveil et de la cessation de la souffrance (nirvâna). La deuxième est la voie du bodhisattva, voie de celui qui pratique les vertus qui ont menées le Bouddha à l’éveil.

Les pratiquants de la voie du Bodhisattva s’identifièrent à la grande voie (mahāyāna), ce qui les conduisit à identifier l’autre voie comme étant étroite (hīnayāna). Ces deux tendances à l’intérieur du bouddhisme traversent les deux autres divisions (droit (nikâya), doctrine (vâda)), ce qui multiplie la forme que peut prendre l’équation totale. La mise en avant des véhicules pour exprimer la diversité du bouddhisme s’avère nettement insuffisante. Elle est pourtant souvent présentée ainsi dans certains livres d’initiation. Il est donc besoin d’ajouter les deux autres variables pour avoir une équation à l’image de la réalité.

La Doctrine des Anciens (Theravâda), ou le Petit Véhicule, est une voie pratiquant une gymnastique intellectuelle ayant comme objet les différents états de conscience. Les praticiens sont des moines d’une même juridiction se soumettant à un même code disciplinaire. À première vue, le Petit Véhicule devrait plutôt se définir en tant que nikâya, mais comme il y a diverses interprétations des règles de droit, les nikâya se sont multipliées mais ont gardées la voie commune du Theravâda. 

Selon l’idéal de certaines communautés du Sri Lanka, cette voie est celle du vainqueur, du « Méritant ». Elle est inspirée par les actions du Bouddha qui parvînt ainsi à s’évincer de toute souffrance. C’est par le sacrifice, en abandonnant ce qui l’attache à la vie et en prenant refuge dans la Communauté, en vivant une vie morale intègre et par des pratiques ascétiques et des exercices de méditations, que le moine mérite la libération du cycle des renaissances.

buddha2Contrairement à l’atteinte rapide du nirvâna caractéristique du Petit Véhicule, le Grand Véhicule se pratique pendant plusieurs vies. À l’image du Bouddha qui s’adonna comme bodhisattva à plusieurs pratiques de perfection pendant d’innombrables existences passées, le Grand Véhicule s’adresse aux futurs bouddhas en chacun de nous, à ceux qui s’engagent sur la voie en s’appliquant à pratiquer les vertus transcendantes. Être bodhisattva signifie retarder son expérience de libération en agissant comme si elle était déjà réalisée afin d’aider tous les êtres vivants à parvenir à la délivrance. Le but des deux véhicules est le même : la libération de la souffrance. Mais l’idéal qui les anime est différent. L’un pratique sur une voie plus altruiste, l’autre poursuit plutôt l’objectif d’un salut personnel.

Quoi qu’il en soit, l’équation ; [yâna x (nikâya + vâda) = nirvâna] semble vraie, peu importe la détermination de ses variables. Reste les probabilités que l’équation soit résolue lors d’une existence particulière plutôt qu’une autre.

Mais si l’on parle en termes de religion civile, tel dans le livre de Jean-Jacques Rousseau, (Du contrat social), l’équation semble aussi rester valide ; => [(droit x (doctrine + voie) = liberté]. Il faut entendre ici doctrine comme code normatif et voie comme état d’esprit ou motivation sous-jacente à l’action dans un droit que l’on actualise.

(Traduction : Ne crois pas en n’importe quoi simplement parce que tu en as entendu parler. Ne crois pas en n’importe quoi simplement parce que l’on en parle et qu’il y a des rumeurs colportées par la multitude. Ne crois pas en n’importe quoi simplement parce que c’est trouvé écrit dans ton livre religieux. Ne crois pas n’importe quoi en étant seulement basé sur l’autorité des maîtres ou des aînés. Ne crois pas aux traditions parce qu’elles ont été transmises depuis plusieurs générations.

Blake

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